Il faut montrer les civils des conflits [Interview avec Ouest-France]

Fanette BON | Falaise | Normandie [Publié le 12/09/2016]

« Je préfère dessiner les civils que les soldats. Ce regard humain m’intéresse. » Kianoush Ramezani est dessinateur de presse originaire d’Iran. Il préside United sketches for freedom. L’association, qui publie un dessin dans Ouest-France chaque semaine, organisait ce week-end les 6es Rencontres internationales des dessinateurs de presse, avec le Mémorial de Caen.

Samedi, entouré des quinze illustrateurs invités cette année, il a visité le château Guillaume-le-Conquérant et le Mémorial des civils dans la guerre. Le thème du jeune musée résonne chez le caricaturiste de 43 ans.

« Je dessine beaucoup de civils de Syrie, d’Afghanistan, de Tunisie et d’Iran. Nous avons vécu la guerre pendant huit ans en Iran. J’ai grandi pendant le conflit. Je suis vivant mais traumatisé, je me sens aussi victime », confie-t-il, sur le parvis du Mémorial.

Kianoush a quitté Téhéran pour la France en 2009 comme réfugié politique, ciblé par des menaces de morts de la part de partisans du président Ahmadinejad. Le dessinateur satirique continue de défendre la liberté d’expression et les droits de l’Homme.

« La guerre n’est pas un concept moral. Il y a toujours une autre solution, plaide Kianoush. La majorité des victimes sont des civils, alors même qu’ils n’ont aucun intérêt dans les décisions prises par les pouvoirs. »

« Malheureusement, beaucoup de médias ont le même regard, centré sur les armées », regrette-t-il. Montrer les destins tragiques des civils « est un acte responsable ». En tant que dessinateur de presse, « si on dessine davantage les victimes civiles, c’est aussi un engagement ». Quel que soit le moyen employé, pour Kianoush, « il faut montrer cette réalité cachée ».

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